Principales formes poétiques classiques

« L’épigramme, plus libre en son cours plus borné, n’est souvent qu’un bon mot de deux rimes orné. » Boileau

À partir du IVe siècle avant J.C., l’épigramme devint surtout une petite pièce de poésie contenant une pensée exprimée avec grâce et précision. À partir du XVIe siècle, elle se spécialisa dans le mot d’esprit, renfermant le plus souvent une pointe grivoise ou assassine.
On a dit qu’en France, l’épigramme politique a longtemps constitué "la revanche de l’esprit sur la force".

Parmi les auteurs célèbres d'épigrammes des XVIIe & XVIIIe siècles, on peut citer La Fontaine pour sa naïveté pleine de malice, Jean Racine et son irritable sensibilité, Voltaire pour ses flèches acérées, Piron, Rousseau
La célèbre épigramme suivante, due à Voltaire, attaque contre un obscur confrère nommé Jean Fréron, est aussi courte qu’assassine :

                         L’autre jour au fond d’un vallon,
                         Un serpent piqua Jean Fréron.
                         Que croyez-vous qu’il arriva ?
                         Ce fut le serpent qui creva.

          
Les précurseurs : Jehan Tabourot & Saint-Gelais

                          Piquante épigramme

            Oh épigrammes redoutables qui couraient
            De Fronde en vives mazarinades, de traits
            Acérés en autant de cinglants opuscules
            Bien ciblés, ourlés de perfides fascicules,
            Gardez-vous bien passants d’en devenir la cible,
            Que sans ménagement, on ne vous passe au crible.

            Beau florilège n’est-ce pas, belle brochette
            En vérité, quoique pourtant fort incomplète
            Que ces satires, ces manières d’ironie
            Qui dépeignent trop bien nos petites manies.
            Une épigramme bien troussée, une escarmouche
            Fort bien décochée, la litote qui fait mouche,
            Mettent à vif les épidermes les plus durs,
            Démasquent soudain les intentions les plus pures,
            Débusquent les susceptibilités enfouies,
            Fouaillent au fond du cœur la faille bien tapie,
             Alors, vils manants devenez plus vigilants

            Et tremblez dorénavant sur vos fondements !
      
            Te reconnais-tu à présent mon cher lecteur
            Dans les piques acides qui scellent ton sort,
            Dans le portrait un brin sarcastique que dressent
            Les modernes ménestrels sans grande tendresse,
            Ne joue pas l'innocent, ne cherche pas d’excuses
            Quels que soient tous les artifices dont tu uses, 
            Soit bon perdant et ne fais pas trop la grimace 
            Car à coup sûr c’est toi le dindon de la farce.


Une épigramme de Clément Marot

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