Les subtilités des formes poétiques classiques : Le rondeau
         

Le rondeau est un poème médiéval à forme fixe composé de  trois strophes isométriques (même structure, même longueur) construites sur deux rimes, souvent avec des répétitions et se fermant sur lui-même (en rond), à l'origine du nom. Sur le fond, lié à l'origine à la musique, le rondeau est souvent léger et badin. C'est une forme souple et enlevée basé sur l’octosyllabe (vers à 8 pieds) ou le décasyllabe (vers à 10 pieds) utilisant le tercet (strophe de 3 vers), le quatrain (strophe de 4 vers) ou le quintil (strophe de 5 vers). Apparu dès le XIIIe siècle et modifié aux XVe et XVIe siècles, il est ensuite délaissé par les poètes, même si on en trouve des traces jusqu’au XIXe siècle.

Vous suivez toujours ?

Le rondeau classique est "à quatrains" de 13 vers regroupés soit en en deux quatrains suivis d'un quintil, soit deux quintils qui entourent un tercet.
Le plus souvent, les rimes des différentes strophes sont soit des rimes embrassées, soit des rimes croisées, les deux dernières strophes reprenant  les termes du premier vers, agissant ainsi comme une espèce de refrain.

Avez-vous bien suivi ?
Comme je vous aime bien, je vous ai concocté un petit exemple de rondeau classique, intitulé
Un moment d’exception :

Elle sommeillait si lascivement  
Offerte ainsi à une douce brise,  
Sur le sofa, reposant très simplement,
Les yeux clos, la taille fort bien prise
Dans les dentelles de son vêtement.

          J’osai un simple geste, doucement,
          Intimidé par sa superbe mise,
          Ravi par un minois aussi charmant.
          Elle sommeillait… quel beau moment…

Faire du bruit n’eût pas été de mise.
Je détournais le regard prestement
Avant que ses attraits ne me grisent,
Caressant de mon regard avenant
Le velours de lèvres couleur cerise.  
Elle sommeillait… quel beau moment…


<< Christian Broussas - Rondeau - 4/01/2018 • © cjb © >>