Sainte Eulalie

      
Sainte Eulalie          Le martyr de Ste Eulalie            Retable de Sainte Eulalie

Eulalie de Mérida est une martyre espagnole du IIIe siècle. Très populaire dans son pays mais aussi en France, elle est connue par la Cantilène de Sainte Eulalie ou chant profane dédié à Sainte-Eulalie.

Ce poème a été composé à l'abbaye de Saint-Amand, près de Valenciennes, peu après 878, date de la découverte des reliques de la sainte. C'est l'un des plus anciens documents en langue d'oïl mais il porte déjà la marque de notre langue actuelle.
On le considère souvent comme le premier poème écrit en "langue vulgaire", mélange de mots latins et vernaculaires, bien avant l’ordonnance de Villers-Coterêts qui a imposé l’exclusivité du français dans les documents relatifs à la vie publique.

     Ste Eulalie par Waterhouse, 1885 (détail)

La Cantilène de Sainte Eulalie (IXème siècle)

Version originale

Adaptation en français moderne

Buona pulcella fut Eulalia
Bel avret corps, bellezour anima.
Voldrent la veintre li Deo inimis,
Voldrent la faire diavle servir.
Il non eskoltet les mal conseillers,
In figure de colomb volat a ciel.
Tuit oram que por nos degnet preier
Qued avrisset de nos Christus mercit,
Post la mort, et a lui nos laist venir.
Par souve clementia.

Bonne pucelle fut Eulalie
Bel avait le corps, plus belle l'âme.
Voulurent la vaincre les ennemis de Dieu,
Voulurent la faire diable servir.
Elle n'écoute les mauvais conseillers,
Sous forme de colombe vola au ciel.
Tous prions que pour nous daigne prier
Que de nous Christ ait merci,
Après la mort, et à lui nous laisse venir.
Par sa clémence.

 Sainte Eulalie de Mérida est une vierge martyre morte en 304, célébrée dans un hymne de Prudence ( Peristephanon 3) et dans la célèbre Séquence de sainte Eulalie, premier texte littéraire en français.
Elle aurait dit après son jugement, au juge (dans plusieurs légendes hagiographiques, il s'agit du proconsul Dacien) :

Isis Apollo Venus nihil est,
Maximianus et ipse nihil:
illa nihil, quia factu manu;
hic, manuum quia facta colit

En français, ces quatre vers peuvent être traduits par : « Isis, Apollo et Venus ne sont rien, pas plus que Maximilien : ils ne sont rien car ils ont été forgés par la violence ; ici, des mains que le crime honore ».

<< Christian Broussas –Ste Eulalie - 18/12/2017 • © cjb © >>