Malgré de rares nuages qui moutonnent
               Très haut là bas dans un ciel monotone,
               Aux bruits qui trouent le silence et résonnent,
               Se dessinent les prémices de l’automne.

Dans les feuillages se teintant de rouille
Qu’admirent les promeneurs en vadrouille,
C’est un beau temps d’arrière saison
Dont le froid vif a lavé l’horizon,
Juste un filet de vent dans les buissons
Mais assez pour donner quelques frissons,
Frisottant l’herbe humide du matin

Comme pour dire que l’été est loin.

              C’est le temps des grands oiseaux qui s’en vont,
              C’est un temps pour aller aux champignons,
              Des gros cèpes aux belles giroles qu’on
              Recueille avec d’infinies précautions,   
              À l’abri dans les recoins des sous-bois,
              Un temps à ramasser châtaignes et noix,
              Partir avec les chiens sur les traces
              Du gibier pour une partie de chasse.

À Courmangoux, vers la mairie, on se presse
Pour une journée de rencontres et de liesse,
On s’interpelle, heureux de se revoir,
De discuter, de s’amuser jusqu’au soir 
Qui tombe bien trop tôt en cette saison,
En estompant les façades des maisons.  

              C’est ainsi l’automne en Revermont,
              Un profond sentiment d'abandon,
              Des teintes qui virent au mordoré,
              Les perles de rosée dans les prés,
              Des odeurs tenaces d'une terre
              Qui respire en attendant l’hiver,
              Les bruits comme dissous dans un air
              Cristallin filtré par la lumière.

Il s’en dégage une douce langueur,
Comme une certaine idée du bonheur,
Quand le feu soudain crépite dans l'âtre
Diffusant une fumée un peu âcre, 
Y jetant ses reflets et ses lueurs,
Contractant le temps, distendant les heures.

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