Site Univers littéraire

16 octobre 2018

Un conte : Le paon et le palais

Le paon et le palais... Tout s'arrête... Tôt... ou Tard !

Un jeune paon, imbu de son plumage
Fut pris dès son plus jeune âge
En mains par une vieille pintade
Qui laissa son vieux coq en rade.

Lors, notre jeune volatile
Qui se trouvait fort volubile
Ne fut plus satisfait de son habitat
Et se rêva en costume d’apparat.

Pourquoi, se disait-il, se contenter
D’un simple poulailler, fut-il doré,
Alors que, sans travailler,
Je puis demeurer au palais.

Il me suffit, si mes calculs sont bons,
De prendre mes congénères pour des pigeons
Et, pour les prochaines élections,
De bien jouer les trublions.

Ainsi fut fait, et contre toute attente,
Il prît la place laissée vacante
Par tous les vieux coqs déplumés
Dont tout le monde s’était lassé.

Pour constituer sa basse-cour
Il fit appel à des vautours
Aptes à tondre la laine,
A amasser toutes les graines.

Ses anciens congénères
Qu’Il jugeait fort vulgaires
Virent enfin, mais un peu tard,
Qu’on les prenait pour des bâtards.

Fort de son plébiscite aux élections,
Notre dieu-paon, tel Pygmalion,
Favorisa un jeune sardouk (1)
Dont il se servait comme bouc.

Grisé par ses nouvelles prérogatives,
Celui-ci, de manière fort hâtive,
Se crut par son maître autorisé
De jeunes oisons brutaliser.
Las, malgré la volonté manifeste
De celer ces faits funestes,
L’histoire vînt à transpirer

Hors de murs du Palais.

Devant ce gros scandale,
Notre apprenti Sardanapale
Dut rétropédaler
A son grand regret.

Il envoya ses janissaires
Désigner un bouc émissaire
Mais la sauce ne prît pas
Et l’oisillon resta sans voix.

Moralité :
Même les rois de l’enfumage,
Ceux mêmes qui se voulaient rois mages,
Tombent un jour de leur piédestal
Et devront quitter leur habit royal.

Notes et références
(1): Sardouk : coq en tunisien

<< Christian Broussas - Paon - 16/10/2018 • >>

 

 

Posté par Frachet à 15:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Le rondeau, Un moment d'exception

Les subtilités des formes poétiques classiques : Le rondeau

         


Le rondeau est un poème médiéval à forme fixe composé de  trois strophes isométriques (même structure, même longueur) construites sur deux rimes, souvent avec des répétitions et se fermant sur lui-même (en rond), à l'origine du nom. Sur le fond, lié à l'origine à la musique, le rondeau est souvent léger et badin. C'est une forme souple et enlevée basé sur l’octosyllabe (vers à 8 pieds) ou le décasyllabe (vers à 10 pieds) utilisant le tercet (strophe de 3 vers), le quatrain (strophe de 4 vers) ou le quintil (strophe de 5 vers). Apparu dès le XIIIe siècle et modifié aux XVe et XVIe siècles, il est ensuite délaissé par les poètes, même si on en trouve des traces jusqu’au XIXe siècle.
Vous suivez toujours ?

Le rondeau classique est "à quatrains" de 13 vers regroupés soit en en deux quatrains suivis d'un quintil, soit deux quintils qui entourent un tercet.
Le plus souvent, les rimes des différentes strophes sont soit des rimes embrassées, soit des rimes croisées, les deux dernières strophes reprenant  les termes du premier vers, agissant ainsi comme une espèce de refrain. 



Avez-vous bien suivi ?
Comme je vous aime bien, je vous ai concocté un petit exemple de rondeau classique, intitulé
Un moment d’exception :

Elle sommeillait si lascivement  
Offerte ainsi à une douce brise,  
Sur le sofa, reposant très simplement,
Les yeux clos, la taille fort bien prise
Dans les dentelles de son vêtement.

 
          J’osai un simple geste, doucement,
          Intimidé par sa superbe mise,
          Ravi par un minois aussi charmant.
          Elle sommeillait… quel beau moment…

Faire du bruit n’eût pas été de mise.
Je détournais le regard prestement
Avant que ses attraits ne me grisent,
Caressant de mon regard avenant
Le velours de lèvres couleur cerise.  
Elle sommeillait… quel beau moment…
 

<< Christian Broussas - Rondeau - 4/01/2018 • © cjb © >>

Posté par Frachet à 14:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

La ballade, Ballade exotique

       Guillaume de Machaut, le grand précurseur

Le mot Ballade désigne, au sens classique, un poème médiéval à forme fixe composé de trois couplets et d'un quatrain ou demi-strophe (appelée envoi), chacun des couplets se terminant par un vers refrain, reliquat de la forme chantée des origines. Les strophes ont le plus souvent huit ou dix vers développant des thèmes fort variés. On en trouve Les exemples les plus importants se trouvent chez Guillaume de Machaut et Eustache Deschamps (fin XIVe siècle), Christine de Pisan et François Villon (début et milieu du XVe siècle) puis au XVIe  Clément Marot mais la Pléiade va plutôt privilégier l’ode et le sonnet.

              
         Brassens chante Villon


Au Moyen Âge, la ballade associe un texte à forme fixe et une musique spécifique. Par exemple, Guillaume de Machaut (1300-1377) dont il existe une partition musicale pour 42 ballades sur les quelque 235 qu’il a écrites. Elle évoluera vers des formes diversifiées au contenu romantique puis vers la chanson au rythme lent et mélodieux.

La structure de la ballade classique est basée sur trois huitains suivie par deux vers dont le dernier reprend le premier vers de la ballade. Elle est complétée par un refrain nommé envoi qui se présente sous forme d’un quatrain.
Soit au total 34 vers.

Les rimes sont de type ab ab ba ba ca et ac ac pour l’envoi, soit trois rimes différentes, avec un vers qui revient à la fin de chacune des quatre strophes. Autrement dit, les rimes soit, pour chaque huitain, deux rimes croisées, une simple, l’autre inversée.

        
  François Villon                              Iconographie médiévale


                                                     Ballade exotique
                                          Oh oui, j’ai pas mal bourlingué 
                                          Sur les continents, en Afrique,
                                          Égaré dans le Ténéré
                                          Et même jusqu’en Amérique
                                          Là où il y a plein de fric,
                                          Où je suis très vite passé,
                                          Béat devant des sites uniques
                                          Que par-dessus tout j’ai aimés.
                                          Tout au long de ma pauvre vie 
                                          Oh oui, j’ai pas mal bourlingué !

                                          Oh, que j’ai pu en côtoyer
                                          Des gens plus ou moins sympathiques,  
                                          Des jeunes, des vieux, des paumés,
                                          Des rigolos vraiment uniques,
                                          Et même des types très chiques
                                          Qui vous offrent leur amitié
                                          Sans jamais un brin de critique.
                                          Et j’allais hiver comme été
                                          Tout seul ou avec des amis
                                          Oh oui, j’ai pas mal bourlingué !

                                          J’en ai traversé des contrées,
                                          Sillonnant le golfe persique 
                                          Dans tous les pays pétroliers
                                          Jusqu’au désert arabique,
                                          J’ai vu des filles magnifiques
                                          Au corps si joliment sculpté, 
                                          Dans des pays asiatiques
                                          Aux douces lumières diaprées
                                          Qui ont un goût de paradis.
                                          Oh oui, j’ai pas mal bourlingué !

                                        Du Belley, après l’Italie
                                          Revint dans son petit Liré
                                          Sans éprouver de nostalgie...
                                          Oh oui, j’ai pas mal bourlingué !


Mes fiches sur la poésie :
* Le rondeau, Un moment d'exception -- La ballade, Ballade exotique--
* Virelai, Que l'amour ne me blâme -- Lai lyrique Sur l'amitié --
* L'ode Ciel et terre -- Piquante épigramme --

<< Christian Broussas - Ballade - 27/01/2018 • © cjb ©  >>

Posté par Frachet à 14:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Piquante épigramme

     
                              Principales formes poétiques classiques

« L’épigramme, plus libre en son cours plus borné, n’est souvent qu’un bon mot de deux rimes orné. » Boileau

À partir du IVe siècle avant J.C., l’épigramme devint surtout une petite pièce de poésie contenant une pensée exprimée avec grâce et précision. À partir du XVIe siècle, elle se spécialisa dans le mot d’esprit, renfermant le plus souvent une pointe grivoise ou assassine.
On a dit qu’en France, l’épigramme politique a longtemps constitué "la revanche de l’esprit sur la force".

Parmi les auteurs célèbres d'épigrammes des XVIIe & XVIIIe siècles, on peut citer La Fontaine pour sa naïveté pleine de malice, Jean Racine et son irritable sensibilité, Voltaire pour ses flèches acérées, Piron, Rousseau
La célèbre épigramme suivante, due à Voltaire, attaque contre un obscur confrère nommé Jean Fréron, est aussi courte qu’assassine :

                         L’autre jour au fond d’un vallon,
                         Un serpent piqua Jean Fréron.
                         Que croyez-vous qu’il arriva ?
                         Ce fut le serpent qui creva.


             
Les précurseurs : Jehan Tabourot & Saint-Gelais

                          Piquante épigramme
            Oh épigrammes redoutables qui couraient
            De Fronde en vives mazarinades, de traits
            Acérés en autant de cinglants opuscules
            Bien ciblés, ourlés de perfides fascicules,
            Gardez-vous bien passants d’en devenir la cible,
            Que sans ménagement, on ne vous passe au crible.

            Beau florilège n’est-ce pas, belle brochette
            En vérité, quoique pourtant fort incomplète
            Que ces satires, ces manières d’ironie
            Qui dépeignent trop bien nos petites manies.
            Une épigramme bien troussée, une escarmouche
            Fort bien décochée, la litote qui fait mouche,
            Mettent à vif les épidermes les plus durs,
            Démasquent soudain les intentions les plus pures,
            Débusquent les susceptibilités enfouies,
            Fouaillent au fond du cœur la faille bien tapie,            
            Alors, vils manants devenez plus vigilants

            Et tremblez dorénavant sur vos fondements !
      
            Te reconnais-tu à présent mon cher lecteur
            Dans les piques acides qui scellent ton sort,
            Dans le portrait un brin sarcastique que dressent
            Les modernes ménestrels sans grande tendresse,
            Ne joue pas l'innocent, ne cherche pas d’excuses
            Quels que soient tous les artifices dont tu uses, 
            Soit bon perdant et ne fais pas trop la grimace 
            Car à coup sûr c’est toi le dindon de la farce.

Une épigramme de Clément Marot

<< Christian Broussas - Epigramme - 23/01/2018 • © cjb © >>

 

Posté par Frachet à 13:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Le virelai, Que l'amour ne me blâme

        

Le virelai est une poésie à forme fixe (respectant une structure donnée), constituée généralement de trois strophes à deux rimes. Dans l’ordonnance la plus répandue, l'un de ses vers revient à la fin de chaque strophe. La métrique du virelai varie en général de l’octosyllabe à l’alexandrin. (onze pieds ou hendécasyllabe dans l’exemple ci-dessous).

Le mot virelai vient des termes lai et virer, évoquant à la fois la danse et un refrain qui peut être repris en chœur. Le virelai apparut à la fin du XIIIe siècle et se développa aux XIVe et XVe siècles, avec par exemple Guillaume de Machaut, l’un des auteurs les plus connus qui écrivit quelque 39 virelais ou "chansons balladées".

      
Guillaume de Machaut        


                   Que l’amour ne me blâme

Sans me laisser de répit, telle est la flamme
Qui me fouaille comme une vile lame.
Oh belle Érato, que sont mon sort et son cœur !

          Oui, vous l’avez bien compris, tel est mon drame
          Que de subir ainsi  ces tourments infâmes.
          Oh belle Érato, que sont mon sort et son cœur !

J’en appelle aux plus beaux vers de Francis Jammes
Pour, de cette belle dame, adoucir l’âme.
Oh belle Érato, que sont mon sort et son cœur !

 
Mes fiches sur la poésie :
* Le rondeau, Un moment d'exception -- Piquante épigramme --
* Virelai, Que l'amour ne me blâme -- Lai lyrique Sur l'amitié --


   Bernard de Ventadour

<< Christian Broussas - Virelai - 24/01/2018 • © cjb © >>

 

Posté par Frachet à 13:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Le lai lyrique Sur l'amitié

Le lai est un poème à forme fixe apparu au XIIe siècle qui au Moyen Âge était employé au sens de « chant, » un récit chanté ou "mélodie", décliné en lai narratif, l’ancêtre du fabliau, et le lai lyrique, celui qui nous intéresse ici.

     Tristan et Iseut

Le lai lyrique connut son apogée au XIVe siècle avec par exemple le Lai de la dame du Fael ou les lais de Marie de France. Dans sa forme classique, comme dans l’exemple ci-dessous, il est basé sur le nombre HUIT, composé de deux HUITAINS (la strophe) divisés eux-mêmes le plus souvent en deux quatrains (les stances)  avec des vers octosyllabiques.

Il peut aussi se présenter avec un refrain. Pratiqué par les troubadours, il connaît un grand engouement avec des poètes comme Eustache Deschamps, Jean Froissard et surtout Guillaume de Machaut qui lui donne ses règles fixes. Chaque quatrain est à rimes embrassées (le 1er vers rime avec le dernier dans un quatrain), de métrique en octosyllabes ou parfois formé de sept et quatre syllabes.
À partir du XVe siècle, le lai a peu à peu été confondu avec le virelai et n’est ensuite plus guère utilisé.

             

                                Sur l’amitié
                    Oh, quelle est donc cette amitié
                    Qui à ce point nous réunit
                    Depuis si longtemps, nous lie ainsi
                    Et tisse un lien si familier !

           Oh mon frère, mon tendre ami
           Qui me confie tes doux secrets,
            À qui onc je ne manquerais,
           Bénis le sort qui nous unit.

                  Quoi qu’on fasse ou qu’il nous arrive,
                  Jamais tu ne pourras douter
                  De ma grande fidélité,
                  D’une affection aussi vive.

          Entre nous, je te le redis,
          C’est comme une osmose qui règne,
          C’est vraiment tout comme Montaigne  
          Et son très cher La Boétie.


Mes fiches sur la poésie :
* Le rondeau, Un moment d'exception -- Piquante épigramme --
* Virelai, Que l'amour ne me blâme -- Lai lyrique Sur l'amitié --


<< Christian Broussas - Lai - 25/01/2018 • © cjb © >>

 

Posté par Frachet à 13:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

L'ode lyrique Ciel et terre

            
                                                      Odes de Ronsard et de Pindare
On appelle souvent un poème en strophes d'inspiration lyrique une ode. Elle peut être à tonalité lyrique chez Anacréon [1] et à tonalité héroïque chez Pindare. [2]

Nom venu du grec, au sens étymologique, chant ou poème lyrique accompagné à la lyre par l'aède ou  le chantre, ce type de poème a été repris à La Renaissance par les membres de La Pléiade, en particulier Ronsard. Ce genre proche des stances possédait une forme fixe dans sa forme classique.

 

L'Ode abordait des sujets solennels et sacrés, car elle mettait en scène des dieux et des héros. Elle pouvait posséder une forme fixe lorsqu'elle était composée d'une strophe, d'une anti-strophe et d'une épode (espèce de conclusion), série qui se renouvelait plusieurs fois. On distinguait, selon les thèmes abordés, l'Ode héroïque, à la louange des Grands (au style oratoire, volontiers mythologique), l'Ode légère, chantant l'amour, les plaisirs de la vie, l'Ode religieuse, l'Ode descriptive ou exprimant des sentiments personnels.

Exemple de Ronsard :

                
                                                     
                                                            Ciel et terre
                                                       Écoutez le ciel gronder,
                                                      Les éléments se déchaîner
                                                     Soudain et zébrer l’horizon,
                                                    En embrasant le pauvre monde  
                                                    Dans une formidable ronde
                                                    Qui n’annonce rien de bon.

                                                   Sans raisons, le ciel s’éclaircit,
                                                   Les nuages noirs sont partis.
                                                   Les passereaux sont revenus
                                                   S’ébrouer au pâle soleil,
                                                   En pépiant dès leur éveil,
                                                   Se percher sur les branches nues.


                                                  Ainsi oscillent nos humeurs                                                   
                                                   Soumises aux aléas du cœur,
                                                    Passant souvent du rose au noir
                                                     Soufflant le mauvais et le bon
                                                      Pour mieux nous servir de leçon,
                                                       Mêlant alors peines et espoirs.
 

                                                   

Notes et références
[1] Anacréon, Sur ma lyre :
« Je veux chanter les Atrides, je veux aussi chanter Cadmus ; mais les cordes de ma lyre ne résonnent que pour l'amour. Je les ai d'abord changées, puis j'ai fait choix d'une autre lyre, et je célébrai les luttes d'Hercule ; mais ma lyre me répondait par un chant d'amour. Adieu donc, héros ! Adieu pour jamais ! Ma lyre ne peut chanter que les amours. »
[2]
Pindare, citation :
« Qui veut triompher d'un obstacle doit s'armer de la force du lion et de la prudence du serpent. »
Mes fiches sur la poésie :
* Le rondeau, Un moment d'exception -- Piquante épigramme --
* Virelai, Que l'amour ne me blâme -- Lai lyrique Sur l'amitié -- L'ode Ciel et terre --
 
<< Christian Broussas - Ode - 26/01/2018 • © cjb ©  >>

 

Posté par Frachet à 13:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Le sonnet Pouvoir des yeux

        

Quand on évoque le sonnet, on ne pense pas forcément à de célèbres poèmes comme Le dormeur du val d'Arthur Rimbaud, Mon rêve familier de Paul Verlaine ou À  une passante des Fleurs du mal de Baudelaire, qui respectent la forme classique du sonnet telle qu'elle a été définie à l'époque médiévale.

Le grand initiateur du sonnet est Pétrarque qui en composa 317 pour honorer la belle Laure. En France, c'est Clément Marot qui lance le sonnet vers 1540 puis Du Belley avec le recueil L'olive en 1550 et Les regrets (Heureux qui comme Ulysse...) en 1558 et Ronsard avec Sonnets pour Hélène en 1578 (Quand vous serez bien vieille). Après une période de déclin, ce sont les romantiques avec Gautier et Nerval qui le remettent au goût du jour puis les symbolistes.

Le sonnet classique comprend quatorze vers, à l’origine du décasyllabe et de l’alexandrin. Ces vers sont répartis en trois strophes, deux quatrains suivis d’un sizain, qu’on sépare souvent en deux tercets réunis de toute façon en un sizain pour constituer un système de rimes clos

Ce système est codifié ainsi : deux quatrains aux rimes embrassées, le sizain avec un distique ( 2 vers en rimes simples), en rimes croisées ou simples, donc selon la combinaison abba abba ccdede ou abba abba ccdeed.

               
        Joachim du Belley          Pétrarque et Laure              François Villon

                                                    
                                                 Pouvoir des yeux
                                 Est-ce bien ce qu’on nomme coup de foudre
                                Qui me prit soudain quand je vis ses yeux,
                               L’impression flash d’être déjà deux,
                              Qui fuse comme une traînée de poudre.

                             Ces regards qui se croisent et s’entrecroisent
                             Dans un petit chassé croisé furtif,
                            Qui se détournent d’un mouvement vif   
                            Se parent d'une apparence courtoise.

                           Simplement, comme ça, de toi à moi
                           Ce fut dans tout mon être un grand émoi,
                           L’expression d’une seconde infinie,
          
                            Des images gravées dans la mémoire,
                             Inscrites à jamais dans notre histoire
                             Quand un jour banal, bascula ma vie.


Mes fiches sur la poésie :
* Le rondeau, Un moment d'exception -- La ballade, Ballade exotique--
* Virelai, Que l'amour ne me blâme -- Lai lyrique Sur l'amitié --
* L'ode Ciel et terre -- Piquante épigramme -- Le sonnet Pouvoir des yeux --


                        
 

Voir aussi Le sonnet dans tous ses états -- 

<<
Christian Broussas - Sonnet - 30/01/2018 • © cjb ©  >>

 

Posté par Frachet à 13:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

La villanelle Mon bel ami

Les vents, chantait Brassens dans La Supplique, « verseront les échos de villanelle un jour, un jour de fandango... » C’est ainsi que j’ai découvert ce mot et sa définition : "Poème de forme fixe (qui nous intéresse ici) et chanson ou danse qu'elle accompagnait."

 

Cette forme poétique fut surtout utilisée au XVIe siècle par Honoré d’Urfé, Jean Passerat ou Du Bellay, pour exprimer des rêveries amoureuses. Certains vers étant répétés en guise de refrain, la villanelle apparaît comme la forme ancienne de la chanson.

Elle est basée sur des tercets en nombre impair et un quatrain final. À travers une métrique en heptasyllabes, elle est écrite sur deux rimes avec rimes féminines dominantes pour apporter plus de fluidité au poème. La rime masculine se situe au deuxième vers de chaque tercet et du quatrain final.

Le premier et le troisième vers du premier tercet sont repris chacun à tour de rôle à la fin des autres tercets puis ensemble à la fin du quatrain final. Ce dernier se compose d’un vers féminin et d’un vers masculin suivis des premier et troisième vers du premier tercet. L’ensemble donne la combinaison suivante : a1 b a2 + a b a1 + a b a2 + a b a1 a2.
L’archétype de la villanelle est La Tourterelle envolée, de Passerat.

                      
                                                    
                                                Mon bel ami
                                        Que la vie est donc cruelle,
                                       Scellant ainsi nos destins,
                                      Qui m’a pris l’ami fidèle


                                   Avec ses pauvres mortels,
                                 Lorsque tout espoir est vain,       
                               Que la vie est donc cruelle


                               Oh oui, c’est bien le ciel, 
                                Par un sinistre matin,
                                 Qui m’a pris l’ami fidèle.

 
                                  Où es-tu parti mon bel
                                   Ami. Oh, que de chagrin,
                                   Que la vie est donc cruelle,
                                    Qui m’a pris l’ami fidèle.
 


Mes fiches sur la poésie :
* Le rondeau, Un moment d'exception -- La ballade, Ballade exotique--
* Virelai, Que l'amour ne me blâme -- Lai lyrique Sur l'amitié --
* L'ode Ciel et terre -- Piquante épigramme -- Le sonnet Pouvoir des yeux --

* La villanelle, Mon bel ami --


Voir aussi
* Formes fixes et Versification --

           
                                Villanelle et musique : partition de Paul Dukas

      << Christian Broussas - Villenelle - 30/01/2018 • © cjb ©  >>

 

Posté par Frachet à 13:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

17 septembre 2018

Curiosités de la langue 2018

Pour vous les linguistes réputés ... passionnés du Scrabble ...
régalez-vous !
-------------------

 

<> Curiosités de la langue française <>
un petit bijou que vous ne connaissez peut-être pas.

Le plus long mot palindrome de la langue française est
«
ressasser ».
C'est-à-dire qu’il se lit dans les deux sens.

« Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e » C'est-à-dire qu'il ne comporte aucun « e ».

L'anagramme de « guérison » est « soigneur ».
C'est-à-dire que le mot comprend les mêmes lettres.

« Endolori » est l'anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal. 

« Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette »

 « » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave. Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul !

Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot. Tout comme

« triomphe », « quatorze », 
« quinze », « pauvre »,
« meurtre , « monstre »,
« belge », « goinfre » ou « larve".

« Délice », « amour » et « orgue »
 ont la particularité d'être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle. Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l'amour au pluriel. C'est ainsi !

« Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres :
[o], [i], [s], [e], [a], [u], [x] .

« oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles.


APOPHTEGME : quelques exemples ...
Difficile à écrire ou à prononcer… mais facile quand on en lit UN !!!!

 Un apophtegme est un précepte, une sentence, une parole mémorable ayant valeur de maxime.

L'homme descend du songe. (Georges Moustaki)
Elle était belle comme la femme d'un autre. (Paul Morand)
L'enfant est un fruit qu'on fit. (Leo Campion)
C'est curieux, se faire refaire les seins, ça coûte la peau des fesses. (Vincent Roca)
Quand il y a une catastrophe, si on évacue les femmes et les enfants d'abord, c'est juste pour pouvoir réfléchir à une solution en silence. ......

La tolérance, c'est quand on connaît des cons et qu'on ne dit pas les noms.
Vous connaissez l'histoire du mouton qui court jusqu'à perdre la laine ?
Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé. (Alan Greenspan)
 L'ennemi est bête, il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui. (Pierre Desproges)
Parfois je regarde la télé toute la journée. C'est chiant. Mais quand je l'allume, c'est pire ! (Patrick Timsit)

Vous n'êtes pas responsables de la tête que vous avez, mais vous êtes responsables de la gueule que vous faites.
Le jour ou Microsoft vendra quelque chose qui ne se plante pas, je parie que ce sera un clou.
Elle est tellement vieille qu'elle a un exemplaire de la Bible dédicacé.
Quand Rothschild achète un Picasso, on dit qu'il a du gout. Quand Bernard Tapie achète un tableau, on demande où il a trouvé les ronds.

Si la Gauche en avait, on l'appellerait la Droite. (Reiser)
De nos jours, l'assistance à personne en danger se résume à... assister au danger. 

N'attendez pas la solution de vos problèmes des hommes politiques puisque ce sont eux qui en sont la cause. (Alain Madelin

Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir.
Le tango, ce sont des visages tristes, et des fesses qui rigolent...
Quand un couple se surveille, on peut parler de "communauté réduite aux aguets".

                                              -----------------------------------------------------

 

Jeux de mots : quelques classiques
 
Quelle est la différence entre une pioche, un pull et une semaine ?
 La pioche a un manche, le pull a deux manches et la semaine a dimanche. 

 Quelle est la différence entre un internaute et son épouse dépensière ?
 
Pendant qu'il clique, elle claque. 

Quelle est la différence entre les oiseaux et les banquiers suisses ?
Les oiseaux font leurs nids et les banquiers suisses nient leurs fonds.

Quelle est la différence entre le temps et l'éternité ?
Si je prenais le temps de te l'expliquer, il faudrait une éternité pour que tu la comprennes.

 Quelle est la différence entre Paris, un ours blanc et Virginie ?
 Paris est métropole, l'ours blanc est maître au pôle et Virginie aimait trop Paul...                   
Quelle est la différence entre une girouette et un horloger ?
La girouette montre les vents et l'horloger vend les montres.                

Quelle est la différence entre un enfant qui fait des bêtises et un sapin de Noël.  Aucune !  Les deux se font enguirlander.          

Quelle est la différence entre un homme et une calculatrice ?
 On peut toujours compter sur une calculatrice.

Quelle est la différence entre une poule et un chapon ?
 Une poule, cha'pond ; un chapon, cha'pond pas...

Quelle est la différence entre la lettre A et le clocher de l'église ?
 La lettre A, c'est la voyelle et le clocher, c'est là qu'on sonne.
      
 Quelle est la différence entre un cendrier et une théière ?
 Le cendrier c'est pour des cendres, la théière c'est pour mon thé.

Attends, attends, ce n'est pas tout !...

 Pourquoi dit-on qu'il y a "Embarras de voitures" quand il y en a trop et "Embarras d’argentquand il n'y en a pas assez ?

 Pourquoi parle-t-on des quatre coins de la Terre alors qu'elle est ronde

Quand un homme se meurt, on dit qu'il s'éteintQuand il est mort, on l'appelle « feu » !  

Pourquoi appelle-t-on « coup de grâce » le coup qui tue ?
On remercie un employé quand on n'est pas content de ses services.

 Pourquoi dit-on d'un pauvre malheureux, ruiné et qui n'a même plus un lit dans lequel se coucher, qu'il est dans de beaux draps ?
Et celui qui a des ennuis judiciaires dans de sales draps, même si la servante les change tous les jours...

Comment distinguer le locataire du propriétaire lorsque ces deux personnes vous disent à la fois : « Je viens de louer un appartement » ?       

Pourquoi un bruit transpire-t-il avant d'avoir couru ?
Pourquoi lave-t-on une injure et essuie-t-on un affront ?
On passe souvent des nuits blanches  quand on a des idées noires.
Pourquoi faut-il en mettre de l'argent de côté quand on veut en avoir devant soi ? Pourquoi dit-on que "les avis sont partagés "lorsque vous ne partagez pas l'avis d'autres personnes.

Réjouissons-nous car ce sont les meilleurs crus qui donnent les plus fortes cuites !

<< Christian Broussas – Curiosités - Roissiat - 17/09/2018 <> • cjb • >>

Posté par Frachet à 21:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :