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02 août 2017

INTERSTICES

                                              

                                       Un petit courant d’air qui s’immisce 

                                     D’un simple coup dans les interstices,
                                     Un menu zéphyr, c’est vraiment peu
                                     Pourtant, à vrai dire un presque rien,
                                     Légère caresse, comme un jeu,
                                     Qui s’infiltre, puis qui va et vient.
.
                                      J’aimerais être de ces atomes
                                    Toujours invisibles aux sens de l’homme,
                                    Rejoindre l’infiniment petit
                                    Ou l’oiseau qui migre loin d’ici.
.
                                    J’aimerais passer par une faille,
                                    Savoir jouer au passe-muraille,
                                    Surgir dans un monde parallèle
                                    Au-delà des limites du ciel.
.
                                    Au pays des rêves et des chimères,
                                    Il nous reste à planer dans l’éther
                                    Où fleurissent partout dans le monde
                                    L’onde pure et la terre féconde.
.
                                      Ah, pour vivre heureux … bien sûr, bien sûr,
                                    Il faut se tourner vers le futur,
                                    Il faut aussi… conjurer la peur,
                                    Essayer de mendier son bonheur,
                                    Grappiller la vie, offrir son cœur,
                                    Surtout ne prendre que le meilleur. 
.
                                                 
.
                  <<  Christian Broussas –Interstices - 2/08/2017 • © cjb © • >>

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18 juillet 2017

L’anniversaire de mariage

Virée gourmande en Bresse-Dombes

De l’extérieur, un restaurant somme toute assez quelconque, coquet, sans prétention. Seule une nuée de bégonias, de géraniums, de pélargoniums, de zinnias donnait une note de gaîté en jetant leurs nuances rouge-orangé sur la longue façade en pisé zébrée de rondins de bois. Sur le côté, de petits rosiers inermes aux pétales roses et aubères alternaient avec des buis taillés en forme oblongue.
On était bien dans la Dombes fleurie.

 Le corps principal de cette ancienne ferme bressane s’étirait le long d’un chemin qui débouchait sur la grand’route conduisant à Chatillon-sur-Chalaronne. Mais la cheminée sarrasine de forme carrée qui ornait le toit n’était certes pas d’époque. Mon père, relevant un peu son béret comme à son habitude, admirait d’un œil de connaisseur l’immense charpente qui déclinait en pente douce, terminée par une large travée qui séparait le bâtiment des humeurs du climat.

- Tu admires le travail des artisans qui ont façonné cette charpente ?
- Elle doit bien avoir un siècle et tiendra encore sûrement plus longtemps que les constructions actuelles. 
La petite moue qui accompagnait ses paroles, que je connaissais bien, illustrait son admiration.
-Vois-tu, malgré tous les moyens techniques actuels, personne ne pourra rivaliser avec ce travail. Maintenant, on est trop pressés, on ne laisse pas assez sécher les bois, on n’a même plus de chênes de cette qualité.

C’est ici, sous cette tonnelle, que tout à l’heure on prendrait l’apéritif  bien à l’abri du soleil, dans une douce fraîcheur, scrutant d’un œil scrupuleux la carte des menus comme si notre vie en dépendait. Dame, l’enjeu était de taille : il s’agissait de fêter dignement notre premier anniversaire de mariage, de marquer cette date par un repas d’exception.

Pour le moment, une jeune femme –la belle-fille des patrons apprendrais-je plus tard- nous accueillit d’un large sourire, sans ostentation, mais aussi radieux que ses parterres de fleurs.
- Bonjour messieurs dames, venez vite vous mettre au frais sous notre avancée, il fait une chaleur d’enfer dans les voitures.
Une chaleur d’autant plus étouffante qu’à l’époque les voitures connaissaient rarement la climatisation.

Elle nous installa sous la galerie tout en continuant à faire la conversation avec les dames, vive et menue, la parole généreuse et le sourire toujours aussi avenant. Son ensemble bleu et blanc à volants rappelait à ma mère la tenue traditionnelle bressane qu’elle avait bien connue dans sa jeunesse, au temps où elle n’était pas encore cantonnée au folklore. Ne lui manquait que les sabots et la coiffe.

Sa tenue me rappela une photo de ma mère avec sa sœur Marie, prise dans la cour, devant la maison familiale de Domsure, village de la Bresse un peu plus au nord. Une photo petit format noir et blanc due sans doute à mon oncle Jules, leur frère aîné –les appareils photo étant loin d’être monnaie courante vers 1930- où les deux jeunes femmes riaient en regardant leurs pieds glissés dans les sabots de leurs parents, d’où dépassaient quelques fétus de paille. La génération des mes grands-parents fut la dernière à chausser des sabots dans leur quotidien.

Je me souvenais encore très bien, même si j’étais bien jeune alors, d’avoir vu ma grand-mère vêtue d’une longue robe noire qu’égayaient à peine quelques petits festons blancs et bleus avec sur la tête une petite coiffe blanche repassée et empesée avec un soin méticuleux. Je ne l’ai vue qu’une seule fois lors d’un comice agricole, défiler avec la grande coiffe à tuyau juchée sur la tête.

Je trouvais ma femme vraiment ravissante avec son ensemble bleu pétrole qui lui donnait des airs de midinette et des chaussures échancrées à brides d’un bleu légèrement plus foncé. Pour l’occasion, ma mère s’était acheté une robe couleur crème très simple, rehaussée d’un ourlet noir et d’un motif fait de minuscules fleurs bleues, tandis que mon père avait simplement ressorti son costume bleu de notre mariage et une cravate noire, la seule que je lui ai jamais vue porter.
- C’est pratique, m’avait-il fait remarquer avec malice en la brandissant sous mon nez, elle sert aussi bien pour les mariages, les anniversaires que pour les enterrements.
Ce genre de saillie lui valait en général des regards noirs de sa femme. Aussi noirs que sa cravate. Pour ma part, j’étais habillé plutôt en décontracté, chemisette miel et pantalon d’été dans les mêmes tons clairs.

L’apéritif  nous séduisit d’emblée par sa finesse et son côté terroir : canapés de bréchets braisés avec cubes de fruits de saison, servis avec un cocktail à base de vin de Cerdon. On serait bien restés dans cette ambiance champêtre et détendue avec devant les yeux deux charrettes fraîchement repeintes qui débordaient de plantes vivaces, des plumbagos qui tendaient leurs petites corolles bleutées… mais notre hôtesse nous invita à passer à table. Traversant le bar, elle nous conduisit dans une petite salle ouvrant sur une terrasse limitée par des jardinières exhibant, comme à l’entrée, des fleurs aux tons rouge-orangé.

 
Mézériat : l'église et la rivière La Veyle

Le choix de ce restaurant "Au coq hardi", ce qui n’avait rien d’original, comme nombre de nos choix, aurait pu aussi comporter sa part de hasard. La région regorge de restaurants à l’excellence reconnue et choisir entre toutes ces merveilles offertes à mes faiblesses relevait du dilemme. Mais en l’occurrence, c’est mon ami Michel qui m’en avait vanté les avantages et son charme discret. Il le connaissait fort bien, habitant le village de Mézériat, à quelques kilomètres de là. À l’occasion d’une visite, il m’emmena flâner sans façon au centre du village et le long de la Veyle. J’en avais gardé un souvenir ému et l’envie d’y revenir.

Michel, je le connaissais depuis une dizaine d’années, le travail et une certaine connivence n’avaient pas tardé à nous rapprocher, relation qui s’était peu à peu transformée en sympathie. J’aimais bien cette ferme bressane qu’il retapait avec une volonté têtue qu’il cachait sous sa bonhomie apparente. Héritée de ses beaux-parents, elle arborait une façade en torchis repeinte à la chaux, prolongée d’une pièce carrée faite de briques rouges et protégées par la large avancée typique du style bressan. Des tresses de maïs pendaient du toit et d’un côté, Michel y entreposait son bois de chauffage, à l’abri des intempéries tout en bénéficiant d’une circulation d’air qui lui permettait de sécher dans d’excellentes conditions. De plus, mon ami était un fin gourmet, la rondeur de ses formes qu’il exhibait sans complexes, était assez éloquente. Nous y allâmes donc en toute confiance et, sans dévoiler la suite, je dois dire que nous ne fûmes pas déçus. 

Restait maintenant à passer commande. La discussion s’engagea sur le menu. Ma mère en bonne bressane défendait son cher poulet de Bresse à la crème, ma femme penchait plutôt vers ces fameuses cuisses de grenouilles qui l’intriguaient, et moi j’optais plutôt pour un poisson… diable nous étions en Dombes, à la limite de la Bresse il est vrai. Quant à mon père, il s’en fichait, admirant le plafond fait de belles poutres mal équarries et d’un torchis blanchi à la chaux, regardant un couple avec leurs enfants s’installer à la table d’à côté, visiblement mal à l’aise dans ce costume qu’il portait rarement et gêné de n’avoir rien à faire. Il lui tardait de revêtir son bleu de travail avec crayon et mètre dépassant de la poche latérale du pantalon, de redevenir un maçon.

Après d’âpres négociations, ma femme et mon père se rallièrent à  ma proposition tandis que ma mère ne démordit pas de son poulet à la crème. Notre hôtesse vint commenter le menu pour nous aider à choisir. Les enfants de la table voisine devinrent fort turbulents, les parents ayant manifestement beaucoup de mal à dominer la situation. Perturbée dans ses explications, elle s’efforçait de faire comme si de rien n’était malgré les marques de confusion qui empourpraient son visage. J’eus la lourde charge de choisir les vins, prenant l’avis d’un grand échalas porteur d’une carte des vins impressionnante qui, devant mon air dubitatif, me préconisa un blanc du Bugey pouvant convenir à chacun.

Après un sabayon délicat en entrée , bercé par les cris des enfants, notre hôtesse revint et entreprit d’expliquer à nos bruyants voisins, non pas que leurs enfants nous indisposaient, mais qu’elle leur avait trouvé une table beaucoup mieux située dans un endroit plus spacieux. Elle poussa un soupir de soulagement quand ils acceptèrent sans façon et qu’on put poursuivre  notre dégustation dans le calme.
J’admirai son urbanité, son savoir-faire et son sens de la diplomatie pour avoir réussi à régler le problème en donnant satisfaction à tout le monde.

    
Entrée d'une ferme-auberge bressane

Une jeune serveuse qui lui ressemblait prit le relais, annonçant fièrement la suite du repas : « Quenelles de carpe, petite sauce écrevisse, goujonnette de carpe avec une salade à l'huile de noix » tandis que ma mère attendait sans mot dire son poulet à la crème. Et le grand échalas avait raison : le vin blanc léger du Bugey se mariait admirablement avec ces mets.

Dégustant justement ces mets délicats, quelle ne fut pas notre surprise de voir apparaître un musicien, petit homme replet au sourire sympathique, vêtu d’un costume folklorique et portant ce que j’identifiai comme une vielle. Son accoutrement tenait plutôt me semblait-il du sans-culotte avec sa veste rouge et bleue, son pantalon rayé et ses sabots. S’installant sur une petite chaise basse et gonflant son instrument qui égraina quelques notes aigrelettes avant de prendre sa pleine mesure, il entonna un chant très enlevé qui ravit l’assistance et fit lever les fourchettes des plus affamés. Au cours du morceau suivant, plus rythmé, il marqua la scansion en frappant le sol du talon de ses sabots.
Si ce ne fut pas le fameux trou normand au calvados, ce fut en tout cas un "trou bressan" musical fort réussi.

Après cet intermède, les papilles furent de nouveau à la fête avec un chariot de fromages défiant l’imagination et laissant ma mère sans voix, ce qui était déjà un exploit. Heureusement pour moi, n’étant pas un inconditionnel du fromage, je me contentais d’un petit morceau de bleu de Bresse, me réservant secrètement pour le dessert tandis que ces dames craquèrent pour un fromage blanc nappé d’une belle couche de crème.    

Sans vraiment nous en apercevoir, le temps s’était écoulé à une vitesse folle quand notre jeune hôtesse nous proposa un dessert qui fut une découverte : « Galette crème et pralines accompagnée d'un pétillant gris perlé rosé demi-sec ». Avec sagesse, le café gourmand fut finalement écarté au profit d’un café noir bien serré.

  
Ferme-auberge bressane

Sur le chemin du retour, ma femme se sentit mal, toute livide et prise de frissons, portant la main sur un ventre douloureux. Je dus arrêter en urgence la voiture pour qu’elle puisse se soulager. « Quel gâchis, devait penser ma mère qui ne pipait mot, ce qui était mauvais signe, un si bon repas ! »

Fâchée contre elle-même de sa fichue complexion qui l’avait mise dans cet état et vraiment marrie de cet incident, ma femme s’en voulait d’avoir un peu gâché la fin de la fête. Et pourtant, pourtant, elle avait fait preuve d’une certaine sagesse en évitant le poulet à la crème, en se faisant violence pour refuser de reprendre du fromage. Et malgré tout, malgré tout, il semblait qu’elle ait abusé des bonnes choses. Ah, mon Dieu, que la Dombes est dure aux estomacs fragiles !

Mais nous ne tardâmes pas à connaître le fin mot de son indisposition.
Que nenni, la culpabilité de cette excellente carpe, que nenni la responsabilité de cette profusion de fromages, que nenni d’accuser les succulents desserts, que nenni le rôle de toutes ces bonnes choses qui nous avaient ravis…

Que nenni… ma femme était tout simplement enceinte ! Tout le monde en fut bien aise et ma mère n’eut plus qu’à me féliciter.

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<< Christian Broussas Bresse-Dombes © CJB  ° • 18/07/ 2017  >>
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L’âme de Courmangoux

Hommage à Courmangoux - 01 -
En forme d'acrostiche

Fontaine à Roissiat

              Court, file douce âme de mon village,
             Ou grimpe, grimpe à travers les âges,
             Unit tous les hommes à ton image.
             Repart vers la carrière de Roissiat,
             Migre aussi vers l’étang de Chevignat,
             Abolit cet été de canicule
             Né de la sauvagerie du Grand Brûle,
             Gonfle ta grande voile de bonheur,
             Oui, ce village a une âme et du cœur,
             Une âme d’une compassion profonde,
             Xénophile et ouverte sur le monde.

Le plan d'eau

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<< Christian Broussas • © CJB  ° • 18/07/ 2017  >>
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La vie est rebelle

                      
                        Oui, la vie est rebelle… belle… belle… belle…

                        Il faut la prendre comme telle… telle… telle …

                               Quand un matin elle est partie
                               Sans avertir, si loin de moi,
                               Je n’ai bien sûr rien compris,
                               Figé dans un trop-plein d’émois.

                               C'est alors que je partis pour
                               À mon tour aller faire un tour,
                               Petit tour du monde... monde… monde
                               Une grande ronde… ronde… ronde.

                               Puis un jour, je suis revenu,
                               Car il faut bien revenir,
                               Malgré les peines et les soupirs,
                               Pour déambuler dans ma rue
                               Tout étonné, le cœur à nu,
                               Mais, mais… je n’ai rien reconnu.
                               Les places, les rues, les avenues… nues… nues,

                               Tout me paraissait inconnu... nu... nu.

                               Rejetant loin tous les systèmes
                               Pour mieux rejoindre ceux qui aiment,

                               Le cœur bouillant d’espoir, de rêves,
                               En tous sens m’agitant sans trêve,
                               Je croyais que c’était ma voie
                               Qui s’ouvrait alors devant moi.
                               La jeunesse est si intrépide… pide… pide,
                               Qui, ses beaux rêves, dilapide... pide… pide.

                               Quand enfin je me suis retourné
                               Que d’eau sous les ponts avait coulé,
                               Tous ces rêves si vite envolés
                               - N’est-ce pas toujours leur triste lot ?-
                               Comme dissipés, tombés à l’eau,
                               Autant de souvenirs éventés.
                               Cette vie qui est de celles… celles… celles…
                               Qui toujours nous ensorcellent… cellent… cellent…

                               Où sont les combats qui nous portaient,
                               Ceux qui alors nous enthousiasmaient,
                               Pris dans la trame de nos envies,
                               Lorsque point le mitan de la vie ?
                               Ah, la vie n’est pas toujours fidèle… dèle… dèle

                               Qui quelquefois nous coupe les ailes… ailes… ailes.

                               Oh, que cela me sembla si lointain
                               Quand se profila l’heure de la fin
                               D’un voyage qui me parut si court,
                               Jeu du hasard jouant son dernier tour.

                               Mais oui, la vie est quand même belle… belle… belle…
                               De celle qui nous donne des ailes… ailes… ailes.

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                             << Ch. Broussas • © CJB  ° • 18/07/ 2017  >>
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22 juin 2017

Ami, entends-tu…

Un hommage au Grand Brûle


Le Revermont dans l'Ain

Ami, entends-tu cet écho
Traverser les collines,
Écho de tant de simples mots
Qui montaient de ces ruines.

Ami, entends-tu les cosaques
Qui passent à l’attaque,
Vois-tu alors dans ces villages
Les traces sur ces pauvres visages.
Ami, ressens-tu cette haine
Qui gonfle leurs veines,
Qui sème la peur, le malheur
Là tout au fond de leur cœur.
Ami, entends-tu tous ces cris
Qui ont un jour retenti,
Les flammes déchirant l’air
Dans une chaleur d’enfer.

Ami, souviens-toi du Grand Brûle,
De ce long jour de canicule,
D’un rouge aveuglant  l’horizon,
L’odeur âcre sortant des maisons.

Amis qui montez en Chevalet
Pensez à ce rouge juillet,
Écho d’un temps maudit
Mais à tout jamais banni.

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< Ch. Broussas • © CJB  ° • 22/06/ 2017  >
<<< sur "le chant des partisans" >>>

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24 mai 2017

Andalousie 2017

Ode à l’Andalousie


Circuit andalou - mai 2017

Ici, s’étale toute la beauté des villes
Fières de leurs palais de Grenade et Séville,
La mosquée de Cordoue, la faille de Ronda,
Des hauts de Mijas aux plages de Malaga.

Ici s’exprime cette tension de la danse,
Des flamencos hiératiques jusqu’à la transe
Malgré l’ambiance, la touffeur d’un air pesant
Qui parcourt rues et cours des quartiers sévillans.

Ici s’affiche la grâce des arabesques
Stylisées, redondantes, des motifs mauresques :  
Le symbolisme précis d’un style aérien
Contre l’arrogance des palais chrétiens.

Autre contraste puisé dans la tradition,
Ancrée dans la pureté d’un ciel de plomb :
La chaleur qui exsude le jour sa torpeur 
Se dilue le soir dans la danse du matador.

Ici sommeille la quiétude des jardins
Dans une eau limpide et la fraîcheur du matin,
Loin du littoral, de ses plages de nudistes,
Où grouille la foule bigarrée des touristes.
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* Voir aussi ma fiche Voyage en Andalousie -

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< Ch. Broussas • © CJB  ° • 24/05/ 2017  >
<<< Alexandrins en rimes simples >>>

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02 mai 2017

Acrostiche à Claudie

Clin d'œil poétique

Candide tel le héros de Voltaire,
L’allure si gracile et volontaire,
Au fond des yeux une douce lueur,
Un sourire adorable comme un cœur,
De longs cheveux blonds dans l’air voletant
Inondent en vagues ses belles épaules
En un soyeux déroulé ondoyant.

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< Ch. Broussas • © CJB  ° • 2/05/ 2017  >
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28 février 2017

L’art d’être grand-père

Chère Perryne

Perryne 1

Pour que viennent les lendemains qui chantent
Et pour exaucer toutes tes attentes,
Nous tenons tous deux  à te présenter  
Nos vœux d’heureuse vie, te souhaiter  
Des petits plaisirs et des bons moments,  
Des joies et des sourires à tout instant,
De bonnes et fortes bouffées d’optimisme,  
De petites pincées de romantisme,
Que tu puisses réussir tes études
Et atteindre une grande plénitude,  
De l’amour, des câlins à volonté,
Des amitiés et surtout la santé.

Liste bien sûr non limitative
Soumise ainsi à ton initiative.

Comme le papillon ouvre ses ailes,   Petite
Comme une fleur s’entrouvre après le gel,  
Nous ouvrons tout grand nos bras et nos cœurs
Pour t’offrir nos meilleurs vœux de bonheur,
Pour t’embrasser, te souhaiter un super,  
Oui un gros, un super anniversaire.
Et c’est bien toi qui aujourd’hui, à l’instar
D’une déesse est de cette fête la STAR.

<< Ch. Broussas • Carnon • Mauguio ° © CJB  ° • 28/02 2017  >>

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LE GRAND BRÛLE

       LE GRAND BRÛLE Commémoration

                   

            De Verjon jusqu’à Pressiat,
            Du Poisoux jusqu’à Cuisiat,
            Que de noms gravés dans la pierre
            Rappelant l’horreur de la guerre.

            Autant de noms qui ne parlent guère
            Liés d’abord à un temps de misère,
            Autant de noms  résonnant encore
            En contrepoint au creux des cœurs.

            Des noms nimbés en lettres de feu,
            Comme un rappel d’un temps douloureux,
            Mois souillé,  rougi d’une saison
            Traversée par les destructions,
            De folles  années de déraison
            Consumant ici tant de maisons.

            Ce fut là dans la douceur matinale
            D’une si belle journée estivale
            Que loin semblait-il du fracas des armes,
            Implacablement, se noua le drame
            Qui frappa un sombre jour de juillet,
            Tombant sans pitié comme un couperet.  

            Aujourd’hui, dominant un flanc de la colline
            Dans la douce lumière aux teintes opalines,  
            Planté fièrement  en multiples entrelacs
            En Chevalet, entre Roissiat et Chevignat,
            S’inscrit dans le ciel cet ultime témoignage  
            D’une sauvagerie venue du fond des âges.

            Aujourd’hui, et pour longtemps encore, surgissent,
            Comme autant de  colonnes émergeant des abysses,
            Les masses épurées de ces blocs de pierre
            Offertes dans ce décor comme une prière
            Dans le silence et la sérénité du lieu,
            Une histoire écrite ici en lettres de feu,
            Symbole igné de bâtiments qui s’écroulent,
            Symbole enfin de l’autodafé du Grand Brûle.

            Aujourd’hui, au long du chemin  du Chevalet,
            Quand on est parvenu à la fin du trajet,
            On ne ressent nul ressentiment, nulle haine,
            Même si les cœurs sont encore gros de peine,
            Lorsque les visages deviennent plus sévères
            En se remémorant les malheurs de naguère,
            Venant communier dans ce rappel de l’Histoire
            Pour mieux accomplir le travail de mémoire.

<< Ch. Broussas • Carnon • Mauguio ° © CJB  ° • 28/02 2017  >>

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08 février 2017

Pour la Saint-Valentin 2017

Texte-poème pour la Saint-Valentin

Que n’évoquerais-je la beauté de ton corps,
Rigueur de ton esprit, pureté de ton âme,
Toutes ces qualités qui siéent fort à la femme,
Pour tresser tes lauriers encore et encore.

Nul besoin des beaux artifices des poètes,
Nul recours aux belles callipyges sculptées,
D’images fantasmées de la réalité
Qu’érigent à ta gloire tous nos plus grands esthètes,

Rien de tout cela, en fait, ne me ravit,
Ne peut réellement satisfaire mon cœur,
Et participer tant soit peu à mon bonheur.
Il reste alors cette seconde inoubliable,
Temps suspendu à cette vision indicible
Où soudain, dans toute ta splendeur, je te vis.

<< Ch. Broussas • Carnon • Mauguio ° © CJB  ° • 25/09 2016  >>

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