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21 février 2019

Michel Peyramaure, Les chiens sauvages

                            

Martial est un vieil ermite quelque peu misogyne, d'une dignité qui est celle des pauvres gens, dont la vie a ses secrets, celui en particulier d'un chef de la révolte des croquants qu'il raconte un soir à des inconnus.

Il devient un paysan sans terre, déraciné et se réfugie dans un village du Limousin, à Crocq (d'où le nom de croquants) où va gronder l'insurrection aussi bien contre les réformés de Coligny que contre les troupes royales.

Après la mort d'Henri IV, le sort de Martial et de ses compagnons est loin de s'améliorer. En Limousin et Périgord, très loin de Paris et du pouvoir royal, le peuple paysan ploie sous les impôts et les brimades de la soldatesque royale. On assiste dans les vastes forêts qui s'étendent entre Brantôme, Périgueux et Bergerac à des "révoltes de la misère et de la faim", régulièrement écrasés par les troupes royales.

Mais en 1635, l'un des leurs Pierre Grellety se place à leur tête, défie le pouvoir royal et résiste aux troupes envoyées pour les réduire. Il faudra toute l'habileté manœuvrière de Richelieu pour négocier leur intégration dans les armées royales.

        

Éditions

 Les Chiens sauvages, Robert Laffont, 2000, 416 pages, (ISBN 2-221-09243-0)
Réédition Pocket, 2002, 520 pages, (ISBN 2266117033)
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Roland Cayrol, Tenez enfin vos promesses

Référence : Roland Cayrol, "Tenez enfin vos promesses", éditions Fayard, janvier 2012, 224 pages, isbn 2213663165

           

Roland Cayrol, fondateur et ex-directeur de l’institut de sondage CSA, actuel directeur du Centre d’Etudes et d’Analyse -le Cetan- , conseil en stratégie et en communication, porte son regard d’homme d'expérience sur les relations difficiles entre les Français et leur classe politique. Des politiques, écrit-il qui sont « craintifs du peuple et vivant trop souvent à l’écart de ses préoccupations, dans une bulle pour privilégiés et selon des règles qui les mettent à l’abri du regard de leurs mandats ». Le jugement est sévère.

Selon son analyse, le système français est mal en point et éloignent les citoyens de la politique [1] : les problèmes sont récurrents, on en parle beaucoup sans jamais les traiter vraiment comme le cumul des mandats, les conflits d'intérêts, les privilèges, mainmise des élites sur le pays, qui perpétuent la domination d'une caste à caractère fortement masculin et bourgeois. [2]

Les Français n'ont plus guère confiance et constatent les liens étroits entre l'argent et la politique, les privilèges dont bénéficient leurs représentants. Mais la méfiance est à double sens, les politiques reprochant aux citoyens de rejeter des réformes portant nécessaires dans un monde en pleine évolution. Les élections qui approchent en ce début d'année 2012 seront-elles à la hauteur pour répondre à ces interrogations et définir des programmes qui sachent rassurer et apporter des solutions opérationnelles allant au-delà que des promesses électorales par nature difficiles à tenir.

Roland Cayrol pense que cette fois pour la présidentielle de 2012, les Français dans le contexte de la crise et parce qu'ils ont encore en tête l'épisode de 2002, préféreront voter utile dès le premier tour. [3] Mais les électeurs veulent aussi des réponses à leurs préoccupations immédiates, donc à la crise économiques actuelle et ne se satisferont plus de promesses électorales comme ils en ont l'habitude. [4]

      

Dans l'Express, Philippe Alexandre constate que Roland Cayrol regrette que les Français « optent majoritairement pour une dictature à la romaine mâtinée de suffrage universel ». Il n'apprécie guère la primauté d'un système présidentiel dont il dénonce les dérives et des hommes politiques qui parlent de rigueur et d'austérité mais « n'ont pas l'air de s'appliquer à eux-mêmes ce vertueux discours ».

Au fil des élections, Les Français ont pris plus d'autonomie, ce qui ne facilite pas la tâche des organismes de sondage, ce fonds réactif, surtout dans le vote de rejet, qui dit-il, « est dans nos tripes mais que condamnent notre intelligence et notre sensibilité,  » dilemme qui complique le choix de l'électeur. Aussi préconise-t-il des projets "sérieux", précis et chiffrés, dans des domaines comme par exemple la santé et les mécanismes de l'Assurance maladie, pour « savoir où l'on va. » [5]

Dans ses dernières interviews, Roland Cayrol estime que les Français restent méfiants vis-à-vis des hommes politiques qui ont tendance à 'oublier' leurs promesses, à développer des slogans comme "produire français" sans analyse préalable et que l'événementiel a peu d'impact sur l'opinion publique comme par exemple les ventes d'avions 'rafales'. [6] Il fait aussi la différence entre un homme de parti comme François Copé et un homme d'opinion comme François Fillon.

La démocratie doit être avant tout tournée vers la bataille d'idées, pour trancher sur le fond et faire des choix essentiels. Les Français s'intéressent davantage à la nouvelle génération, est sensible aux signes que peut donner la classe politique, 'petits' signes comme la diminution des salaires ou plus significatifs comme la définition d'une charte de déontologie qui deviendrait opposable à terme. Ce qui veut dire d'abord, faire une analyse de la société française et répondre à la question préalable : « de quoi a-t-elle besoin ? » [7] En cette période de crise durable, le principal souci des électeurs est de choisir le meilleur pour poser les bases d'une sortie de crise, au-delà des jeux de communication, des problèmes institutionnels et des promesses conjoncturelles. [8]

Notes et références

[1] Il ajoute ce sous-titre significatif : "Essai sur les pathologies politiques françaises"
[2] Voir son livre "Le grand malentendu : les Français et la politique", où déjà en 1994, dans un contexte fort différent, son analyse rejoignait celle qu'il développe dans cet ouvrage
[3] Voir l'article du Parisien du 3 mars 2012 : « Le vote utile pèse beaucoup »
[4] Voir l'article de Joël Aubert du 24 mai 2012 paru dans Aqui.fr
[5]  Philippe Alexandre, l'Express du 16 mars 2012

[6]   Voir son interview par Ruth Elkrief du 1 février 2012 avec Jean-Luc Bennahmias sur BFM.tv
[7]   Voir son interview par Ruth Elkrief du 25 mai 2012 avec Jacques Séguéla sur BFM.tv
[8]   Voir son interview au salon du livre de Paris le 18 mars 2012

Bibliographie

  • "François Mitterrand 1945-1967", Presses des sciences politiques, 1967, 173 pages, ainsi que "François Mitterrand et la guerre d'Algérie"
  • "Les sondages d'opinion", Bureau d'Etudes de la R.T.B.F., 178 pages, 1981
  • "Le grand malentendu : les Français et la politique", Le Seuil, 185 pages, 1994
  • "Médias et Démocratie, la dérive", Presses de Sciences-Po, 1997
  • "Sondages, mode d'emploi", Presses De Sciences Po, 136 pages, mars 2000
  • "La nuit des politiques", Hachette, 2006
  • "La nuit des politiques", Hachette Littérarure, mai 2006, isbn 978-2012372313
  • "La revanche de l'opinion : Médias, sondages, Internet", avec Pascal Delannoy, Jacob-Duvernet, 205 pages, octobre 2006, isbn 2847241213

Liens externes

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Eric Dupont-Moretti Bête noire

Bête noire est un récit-témoignage écrit par l'avocat d'assises Eric Dupont-Moretti et Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire, sur les rapports entre le système judiciaire et la défense.

 

Référence : Éric Dupond-Moretti et Stéphane Durand-Souffland, "Bête noire", éditions Michel Lafon, 248 pages, avril 2012, ISBN 274991616X

La "bête noire", c'est lui et la réputation qu'il a dans le milieu judiciaire, celui qu'on appelle aussi "l'acquitator', [1]  alors qu'il s'exclame dans le journal La Provence, « je défends des hommes, pas des crimes. » De même, il dira dans une interview à "L'Express", qu'il « n'attend pas la vérité d'un homme mais une version cohérente. »

Comme le disait Eric Dupont-Moretti lors d'une interview à France-Inter en avril 2012, il ne cherche pas, avec la publication de ce livre, à s'opposer de quelque façon que ce soit au système judiciaire français ou à se justifier sur tel ou tel de ses engagements. Il rappelle ce qu'il a maintes fois répété sur les origines de sa "vocation", « J’ai décidé de devenir avocat à quinze ans. C’était le 28 juillet 1976 et j’avais entendu à la radio que Christian Ranucci, l’homme du "pull-over rouge", avait été exécuté à l’aube. Ce n’est pas le récit d’une vocation que je fais ici, mais d’une sorte de fatalité. Je suis condamné à plaider. » [2]

Son travail tel qu'il l'entend, sa profonde conviction, consiste à défendre autant la présomption d’innocence que le droit – pour les criminels quels qu'ils soient – à une peine qui soit considérée comme juste et varie le moins possible d’une cour d’assises à une autre. Sans être contre les magistrats, il traite des insuffisances du système français, l’absence de la notion d’humanité dans leur serment, qui figure dans celui des avocats. [3]  A travers son expérience et ses souvenirs, les grands procès d’assises où il a plaidé, il dresse un portrait peu flatteur d'une justice guettée par l'erreur judiciaire ou plus simplement par les petits "arrangements", l'influence de tel ou tel magistrat, tout ce qui biaise la crédibilité d'un verdict.

     

Commentaires critiques

« Eric Dupond-Moretti est un drôle de bonhomme. Il a un côté agaçant. Il peste contre l’absence totale de culture du doute en France, or lui ne semble douter de rien. Seul contre tous, il en veut à la terre entière - surtout à l’organisation judiciaire – et veut toujours avoir raison. Cela dit, c’est préférable quand on souhaite gagner ses procès. Son côté séduisant, c’est qu’il est franc, logique avec lui-même, rarement politiquement correct, et qu’il a, en plus, souvent raison, effectivement !. »
Yves Thréard, Le Figaro du 21 mai 2012

« Eric Dupond-Moretti cite Claude Gueux, de Victor Hugo, qui narre l’histoire d’un détenu séparé de son compagnon - avec lequel il partageait son pain - par le directeur de la prison. Gueux tue ce dernier parce qu’il ne supporte pas cet arbitraire. «Hugo avait raison deux cents ans avant tout le monde», dit l’avocat. Lisez Claude Gueux. Vous en saurez un peu plus sur Dupond.. »
Didier Arnaud, Libération du 7 mai 2012

Notes et références

[1] Voir son interview du 10 avril 2012 dans le journal du 13 heures de France2
[2] Peut-être aussi à cause de la mort de son grand-père en 1957, retrouvé le long d'une voie ferrée. Une mort restée inexpliquée, avoue-t-il dans la même interview
[3] Voir l'article "La présomption d'innocence est un leurre", Eric Pelletier et Anne Vidalie, L'Express du 5 avril 2012

Bibliographie
Christophe Perrin, Laurence Gaune, "Parcours d'avocat(e)s", éditions Le Cavalier bleu, 2010
Mathieu Aron, "Les grandes plaidoiries des ténors du barreau : Quand les mots peuvent tout changer", Editions Jacob-Duvernet, 274 pages, octobre 2010, ISBN 284724297X
Jacques Vergès, "Les Erreurs judiciaires", PUF, novembre 2002, 126 pages, ISBN 2130532225

Liens externes
Vidéo France-Culture, Tête à tête avec Frédéric Taddeï
Dans-les coulisses de la Justice avec Dupond-Moretti

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Toni Morrison, Sula

L'ECRIVAINE TONI MORRISON : SULA

      

Référence : Toni Morrison, "Sula", édition poche 10/18, 188 pages, février 1993, isbn 2264021055

Ce roman raconte l'histoire d'une femme noire américaine, Sula qui vit alors dans un quartier réservé aux noirs dans l'état de l'Ohio, de 1919 à 1965, quartier noir nommé Le Fond dna la petite ville de Medallion. Sula est indépendante et décide de quitter Medallion pour découvrir le reste de l'Amérique et quitte alors son amie Nel. Quand elle revient longtemps après, tout a changé -elle aussi bien sûr- et son amie Nel est mariée et mère de famille.

Nel Wright et Sula Peace, toutes jeunes filles filiformes, eurent douze ans en 1922. Nel était plutôt claire -couleur de papier de verre mouillé- échappant aux quolibets les plus acerbes et au mépris des vieilles femmes championnes des histoires de métissage de leur communauté. Sula était plus sombre, d'un marron brun avec de grands yeux paisibles, des yeux purs pailletés d'or.

À travers le parcours de Sula et la description d'une communauté noire mise à l'écart par les Blancs, qui couvre une grande partie du XXème siècle, Toni Morrison développe ses thèmes favoris et le racisme propre à cette époque. Ses personnages sont à l'image de ces deux communautés antagonistes, qui s'ignorent le plus souvent, Sula, fille puis femme noire libre et donc à part, rejetée, Nel qui fait le choix contraire de se fondre dans les règles de sa communauté et de devenir épouse et mère conventionnelle.

Elle traite également la vie des femmes noires, vie d'autant plus difficile qu'elles sont femmes représentant le "sexe faible" et noires, c'est-à-dire considérées comme étant de "race inférieure". Elle décrit ainsi le racisme quotidien, insidieux, parfois brutal, où la peur et la solitude sont des composantes essentielles de la vie dans cette petite ville typique des États-Unis, où les femmes doivent lutter à la fois contre " l'ennemi", le blanc, mais aussi contre leur propre communauté qui leur a assigné une place qu'elle ne doivent pas quitter sous peine d'être rejetées.

        

Commentaires critiques
- "Sula, c'est l'histoire d'une amitié féminine, puis d'un désamour ; le portrait d'une paria qui invente avant l'heure, et pour son seul usage, la liberté brûlante de la femme moderne."
Manuel Carcassonne, Le Figaro littéraire 1993

- "Sula, c'est aussi le récit des passions et des liens qui se tissent et se brisent autour de trois femmes, trois générations, qui choisissent leur vérité contre celles des autres, affichent leur différence et se créent un espace de liberté."
La Quinzaine littéraire 1994

Mes fiches sur Toni Morrison
* Toni Morrison écrivain avant tout -- Love -- L'origine des autres --
* L’œil le plus bleu - Sula -- Home -- Délivrances -V1-Délivrances V2 --

Liens externes
Femmes écrivains -- Bebook Zoom sur son œuvre --

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Teilhard de Chardin

Teilhard de Chardin : Le Phénomène humain

Le Phénomène humain est un essai philosophique et théologique écrit par le père Teilhard de Chardin qui paru en 1965 et fut réédité aux éditions du Seuil en 1970.

  Pierre Teilhard de Chardin, SJ (1881-1955) Son oeuvre maîtresse "Le Phénomène humain"               

Présentation

Pierre Teilhard de Chardin possédait plusieurs champs d'activité, d'abord , théologien et jésuite, ce qui lui a valu quelques déboires avec sa hiérarchie, il fut aussi un paléontologue et philosophe écouté et reconnu dans les années cinquante.

Le phénomène humain qu'on considère généralement comme son œuvre la plus importante et donne une bonne idée de sa pensée qu'il reprendra dans des textes ultérieurs, est développé autour de trois volets. Les deux premiers sont complémentaires en ce sens qu'ils partent de l'apparition de la vie au sein du minéral et l'apparition de la pensée au sein du vivant. Le dernier traite de la pensée humaine dans une "noosphère", unifiant atmosphère et biosphère et convergeant vers un point unificateur qu'il appelle le "point Oméga". C'est ainsi dans ce chapitre qu'on passe d'un travail essentiellement scientifique au point de vue du théologien chrétien, prenant une option plutôt dynamique et positive dans le rôle de l'évolution.

Dans cette œuvre qu'il nomme lui-même une "Introduction à une explication du Monde", il estime que la pensée dans ce qui fait sa spécificité, ses capacités de recherche et de découverte, représente le centre des possibilités d'évolution et qu'il est alors vital d'étudier « ce que devient et exige l'homme. »

Comme il a écrit dans un autre livre Le milieu divin, [1] qui synthétise bien sa pensée, lui qui cherchait un principe générateur et unificateur au monde, un être transcendant « capable d'opérer dans sa plénitude la synthèse de l'Esprit, [...] (car) il il n'y a qu'une manière possible de s'aimer : c'est de se savoir "surcentrés" tous ensemble sur un même " ultra-centre " commun, en qui les êtres ne puissent parvenir qu'à l'extrême d'eux-mêmes, qu'en se réunissant.

         

Informations complémentaires

Bibliographie

  • "La Place de l'homme dans la nature", sous-titré le groupe zoologique humain, fait suite au *"Phénomène humain" et développe les mêmes thèmes, réédition Albin Michel, février 1996, collection Espaces libres, isbn 2226084967
  • "Sur le bonheur : Sur l'amour", réédition Le Seuil, collection Points Sagesses, mai 2004, isbn 2020324563, qui se présente surtout comme un témoignage
  • "L'Énergie humaine", réédition Le Seuil, collection Points Sagesses, octobre 2002, 236 pages, isbn 2020526433, où il fait allusion à une l'énergie cosmique soumise à l'influence des activités humaines qu'il répartit en trois catégories : L'énergie incorporée (la machine humaine), l'énergie contrôlée, prolongement de l'homme par des machines, et l'énergie spirituelle de nos affections et de nos volitions. [2]
  • Biographie de Jacques Arnould, "Teilhard de Chardin", éditions Perrin, janvier 2005, 389 pages, isbn 2-262-02264-X

Notes et références 

[1] "Le milieu divin", essai de vie intérieure, réédition chez Le Seuil, janvier 1998
[2] Ensemble des actions par lesquelles la volonté se détermine à quelque chose

Liens externes

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Colette à Paris

Colette, une provinciale à Paris

De la rue Fontaine au Palais-Royal, Chéri et la place Colette

  

Une des pionnières du féminisme fut Colette, à la fois journaliste, danseuse de pantomime et écrivain au style inimitable, des lieux parisiens ont gardé son empreinte.

Capitale de ses amours libres, théâtre de ses romans et de sa vie, Paris révèle Colette en femme affranchie. Quand en 1889, certificat d’études en poche, Colette fait son premier voyage pour la capitale, la petite provinciale aux tresses infinies s’appelle encore Sidonie Gabrielle. Elle n’a pas déjà fait du nom de son père, le capitaine Colette, son nom de femme de lettres. À 20 ans, elle laisse derrière elle sa Puisaye natale pour épouser le corpulent Henry Gauthier-Villars, dit Willy, et le suivre à Paris. Les tourtereaux établissent leur nid au troisième étage du 28, rue Jacob (6e).

Colette en garde un souvenir vivace, plusieurs fois traduit dans ses romans. « Sombre, attrayant comme sont certains lieux qui ont étouffé trop d’âmes, je crois que ce petit logement était très triste. Je le trouvais pourtant agréable », écrit-elle dans Mes apprentissages (1936).

Ses débuts d’écrivain : la série des « Claudine »
Willy l’introduit dans les salons littéraires et musicaux de la capitale. Et comme l’argent vient à manquer, il incite sa femme à raconter ses souvenirs d’enfance.
Fureur et scandale : Colette écrit son premier roman Claudine, que Willy signe de son nom. Le jeune ménage, point de mire du Tout-Paris, se rapproche du quartier des théâtres, rue de Courcelles (17e), adresse plus propice à la vie mondaine parisienne. Colette poursuit la série des Claudine dans l’ombre de son mari : La Maison de Claudine, Claudine à Paris, Claudine en ménage, Claudine s’en va… Colette, une femme libre.

 Ses débuts au music-hall

Colette aussi s’en va. En 1906, elle s’émancipe de Willy et s’affranchit de la morale. La voilà jouant la pantomime au music-hall. Ses tenues très dévêtues font fureur au théâtre Marigny, au Moulin-Rouge, au Bataclan… Et sa liaison avec sa partenaire Mathilde de Morny, dite Missy, fait scandale.

  Colette sur son balcon

Journaliste, écrivain, engagée…indépendante !
Qu’importe, Paris offre à Colette toutes les libertés. Après la scène, elle reprend la plume. La première œuvre à être signée du seul nom de Colette, Le Blé en herbe paraît en 1923, confirmant le succès de l’auteur de Chéri.  
Sous le nom de Colette Willy, la romancière se fait connaître par ses Dialogues de bêtes (1904) ou La Vagabonde (1910). Elle est aussi journaliste pour Le Matin, La Vie parisienne, Marie-Claire, ou encore Paris-Soir. Les billets de Colette sont des petits bonheurs d’écriture. Elle raconte le courage des mères pendant la Grande Guerre ou encore plaide pour que les pigeons de Paris soient nourris pendant l’hiver…


« Chéri » adapté au cinéma
Roman de Colette publié en 1920, Chéri est adapté au cinéma en 2009 par Stephen Frears. Michelle Pfeiffer y tient le rôle principal de Léa de Lonval. Le lieu du tournage, Paris, évidemment ! Un parcours cinéma proposé par la Mission Cinéma de la Ville de Paris vous fait découvrir les lieux ou quartiers ayant servi de décors au film.

Une visite qui passe par l’hôtel particulier Mezzara (16e), au balcon duquel Léa se remémore les temps heureux passés aux côtés de Chéri, mais aussi par la place Colette (1er), à côté du Palais-Royal cher à l’écrivain, ou encore par l’église du Val-de-Grâce (5e), devenue dans le film « église Saint-Étienne-du-Mont », où Chéri épouse Edmée.

 

 La dame du Palais Royal

Après deux mariages, la naissance de sa fille dite « Bel Gazou » et quinze déménagements parisiens, Colette devient la « dame du Palais-Royal », au 9 rue de Beaujolais (1er). Elle occupe d’abord l’entresol puis l’« étage noble », au premier.

Ses fenêtres donnent sur les jardins du Palais-Royal.
« Le type du jardin pour grandes personnes, c'est le Palais-Royal. Ravagé par les jeux et le séjours des enfants, il comporte peu d'attraits pour ceux-ci. Point de sable ni de gravier, la terre battue la plus ingrate, un sol interdit à l'arrosage - seules les plates-bandes et les pelouses ont le droit d'être abreuvées, et le jardinier les soigne avec amour -, notre "cour" n'est lentement et séculairement imprégnée que des pluies, de l'urine canine et des déjections humaines, disons enfantines pour atténuer un peu." Colette - Le Fanal bleu

Dans son écriture riche en couleurs où elle brouille régulièrement les frontières de sa vie et la fiction, Colette dépeint son « palais » dans Le Fanal bleu (1949). Avec Cocteau, en voisins, ils fréquentent les restaurants du quartier, Le Grand Véfour, comme la très chic galerie Vivienne (2e). Au no 45, la librairie Petit Siroux, aujourd’hui Jousseaume, est le repaire de l’écrivain devenue première femme lauréate et présidente de l’académie Goncourt.

L’arthrose, le « lit-radeau
Immobilisée sur son « lit-radeau » par une arthrose de la hanche, Colette s’éteint doucement. En 1954, l’âme du Palais-Royal n’est plus… Sur le balcon de son ancienne chambre, un « C » gravé s’entrecroise avec un soleil. « Joyau tout en or » comme la considérait sa mère, Colette témoigne dans son autobiographie En pays connu (1949) que « quarante-cinq ans de Paris n’ont pas fait de moi autre chose qu’une provinciale en quête, sur vingt arrondissements et deux rives de fleuve, de sa province perdue… ». En pays connu.

« Au lieu d'aborder des îles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du cœur, pareil à celui du ressac. Rien ne dépérit, c'est moi qui m'éloigne, rassurons-nous. Le large, mais non le désert. »

* Un musée Colette à Saint Sauveur en Puisaye : ww.saint-sauveur-en-puisaye.fr

<<< Ch. Broussas –Colette à Paris - 14/03/2013 < • © cjb © • >>>

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Alexandre Jadin Des gens très bien


Des gens très bien
est un ouvrage écrit par l'écrivain Alexandre Jardin sur le rôle controversé de son grand-père Jean Jardin pendant l'époque de l'Occupation.
 
Livre – confession –témoignage que donne Alexandre Jardin sur la saga familiale des Jardin. Une famille au-dessus de tout soupçon depuis, même si l’on savait que le grand-père Jean Jardin avait été lez chef de cabinet de Pierre Laval dans les années 1942-43, années particulièrement noires de la collaboration. Pas pour Jean Jardin apparemment, jusqu’à ce que son petit-fils aille y voir de plus près.
 
Voilà la belle légende de la famille Jardin menacée de l’intérieur par un membre de la famille qui se pose des questions sur son ascendant jean Jardin, celui qu’on appelle « Le Nain jaune », qui s’inquiète, s’informe, compare des dates, qui ne respecte pas l’omerta. Et cette évidence incontournable : il fut bien directeur de Cabinet de Pierre Laval de mai 1942 à octobre 1943, en pleine « rafle du Vél d'Hiv » à la mi-juillet 1942, un homme au cœur du pouvoir vichyste et collaborateur.
 
Et le petit-fils de s’interroger sur le parcours de cet homme respectable jusqu’au déni de ses propres actes. Le temps –et le ton- des romans optimistes de l’auteur, du « Zèbre » à « Fanfan » entre autres, [1] est bien loin et la plume plus acerbe mais si elle est souvent pleine de retenues pour aborder un sujet pour lui aussi délicat. « C’est, écrit-il, le carnet de bord de ma lente lucidité. »
 
 Ce livre est le résultat d’une lente maturation, tant il est vrai que les images mentales nées de l’enfance s’imposent et qu’il les réduit sous forme d’une question : « Vit-on ailleurs que dans la forêt de ses folies mal guéries de l’enfance ? » [2] Il se souvient des séjours de ces personnages bien sous tous rapports qui leur rendaient visite au château familial de Charmeil ou dans leur propriété de Vevey en Suisse, sur les bords du lac Léman, [3] il parle longuement avec son ami Zac, à la saga familiale encore plus contrastée que la sienne et qui finira par l’engloutir. Surtout, il va mener peu à peu une enquête minutieuse qui le conduira de personnages assez effrayants jusqu’au rapport Sadosky. [4] Au fil de son enquête, il découvrira la face cachée de son grand-père, ses relations avec Goering, [5] les notes du chef de l’espionnage allemand à Vichy Dehl, [6] le télégramme de Krug von Nidda [7] ou le document Rothke. [8]
 
Alexandre Jardin rencontre aussi Soko, ami proche du grand-père, au parler rugueux et au parcours sinueux, aux liens étroits avec les services de renseignements nazis. [9] Qu’y avait-il dans la tête de ce grand-père pour qu’il puisse vivre avec les images des milliers d’enfants sacrifiés à la rafle du Vél d’Hiv, quelle réalité accessible à l’esprit ? « l’opinion atrabilaire crée le réel » ajoute-t-il. [10] Au-delà de sa lucidité, ce livre est aussi un cri de celui qui écrit aussi : « Sommes-nous tous condamnés à ne percevoir que ce qui résonne avec nos douleurs. » [11]

     
 

Notes et références
[1] « Pour donner naissance à mon Ile des gauchers –une société à l’envers enfin à l’endroit- il fut nécessaire que mon grand-père soit plus décisif qu’un Touvier et beaucoup plus central qu’un Papon » écrit-il aussi page 115
[2] Voir page 173 (édition de poche)
[3] Voir page 45 et page 51 (édition de poche)
[4] Voir Jorge Hoppe page 170, Bousquet page 191, le livre brûlé pages 183 et 199, le rapport Sadoski page 211 (édition de poche)
[5] Annie Lacroix-Riz, Le rapport de Lavagne (cité page 257)
[6] Archives Nationales références 3 W 216 et ) 3 W 347
[7] Archives Nationales, Fonds Bousquet, 3 W 89
[8]  Archives APP (préfecture de police de Paris), dossier PJ 42 Bousquet 
[9] Voir la liste édifiante des rapports des Renseignements Généraux conservés aux Archives nationales, dans F7 15307, qu’on trouve pages 74 et 75 [NDLA]
[10] Voir page 246 (édition de poche)
[11] Voir page 219 (édition de poche)
 
Commentaires
« Loin de tirer à bout portant sur son grand-père dans un "famille, je vous hais" simpliste, Alexandre Jardin se livre à l’autocritique poignante de sa propre vie de mascarade, comme eu de romanciers auréolés de gloire ont eu le courage de le faire. » Marine Landrot – Télérama – janvier 2011
 
« On referme ce livre songeur, dubitatif, tout à la fois agacé et touché, incrédule et compatissant. Alexandre Jardin, lui, dit signer aujourd'hui son acte de renaissance. Au bénéfice du doute, souhaitons-lui une deuxième vie, plus apaisée... » Marianne Payot – L’Express – 7/01/2011

Voir aussi mes autres articles sur l'auteur :
* Alexandre Jardin et son oeuvre 
* Quinze ans après -- Des gens très bien  -- Juste une fois --
 
Bibliographie
  • Adam Raysky, Le choix des juifs sous Vichy. Entre soumission et résistance, éditions La Découverte (cité page 218)
  • Laurent Joly, Berlin 1942, chronique d’une détention par la Gestapo, CNRS éditions (cité page 211)
  • Carnets de Robert Kiefe, secrétaire général du consistoire central et revue de la Résistance J’accuse (cités page 217)
  • Daniel J. Goldhagen, Les bourreaux volontaires de Hitler, éditions Le Seuil, traduction Pierre Martin (cité page 267)
  • Pascal Jardin, La guerre à 9 ans, 1971 (cité pages 20, 286…)
  • Pierre Assouline, Une éminence grise, éditions Gallimard, Folio 1988 (cité page 94)
  • Hal Vaughan, biographie de Coco Chanel (Sleeping with the enemy : Coco Chanel’s secret war, Random House (cite page 125)
  • Fanny Chèze, Pascal Jardin, éditions Grasset (biographie du ‘Zubial’ cité page 117) 
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Alain Robbe-Grillet & le Nouveau roman

 
Robbe-Grillet en 1970        Sa femme Catherine
 
Alain Robbe-Grilet, le "pape du Nouveau roman", est né le 18 août 1922 à Brest dans le Finistère et mort le 18 février 2008 à Caen dans le Calvados où il s'était retiré. Leader du Nouveau roman dont il a énoncé les concepts dans son essai "Pour le Nouveau roman", il a la particularité d'avoir été élu à l'Académie française le 25 mars 2004 sans y avoir été reçu, refusant le "décorum" de l'institution.
 
Son père Gaston Robbe-Grillet est fils d'un instituteur, ancien élève des Arts et Métiers de Cluny, fondateur d'une petite entreprise de cartonnerie, Ancien Combattant de la Première Guerre Mondiale) et sa mère Yvonne Canu fille d'un sous-officier de la marine de guerre). Ce père a fait une belle guerre, mutilé et décoré malgré son antimilitarisme foncier que la guerre n'a fait que renforcer. « Mes grands-parents, du côté de mon père comme de ma mère, étaient de gauche [...] style petit père Combes, instituteurs laïques voulant faire régner la raison contre l'obscurantisme clérical. » [1]


 
Ils quittent rapidement la maison natale de Kerangoff dans les faubourgs de Brest et déménagent à Paris, rue Gassendi dans un petit appartement du XIVe arrondissement. Les vacances se passent dans le Jura où son père a des attaches et dans la maison de Kerangoff. Il fréquente l'école communale de la rue Boulard tout près de l'appartement, puis le lycée Buffon et l'Institut National Agronomique au lycée Saint-Louis.
 
Sa formation est donc celle d'un scientifique et il commence à travailler pour l'INSEE, à la revue "Études et Conjonctures" fondée par Alfred Sauvy. Puis comme volontaire, il participe au chantier de reconstruction du chemin de fer de Pernik-Volouïek, en Bulgarie, avec son ami Claude Ollier et l'écrivain Daniel Boulanger en 1947.

           

En revenant, il écrit un texte intitulé "Quatre jours en Bulgarie" qui sera publié beaucoup plus tard. [2] A partir de 1948, il sera chercheur dans un centre à Bois-Boudran en Seine-et-Marne puis ingénieur à l'Institut de Fruits et Agrumes Coloniaux (IFAC) avant que les éditions de Minuit s'intéressent à son travail et de publient Les gommes en 1953. En octobre 1957, il épouse Catherine Rstakian, écrivaine sous le nom de Jeanne de Berg dont L'Image qui paraît en 1956 sera aussitôt interdit par la censure de Michel Debré, qu'il avait rencontrée pendant l'été 1951 lors d'un voyage en Turquie.
 
L'année 1963 sera une année phare pour Alain Robbe-Grillet qui vient d'avoir 40 ans. Lui qui avait beaucoup bourlingué s'installe définitivement dans une petit village du Calvados Le Mesnil-au-grain, [3] dont il a acquis le château du XVIIe siècle. Il publie "Instantanés", le seul recueil de nouvelles qu'il ait écrit, puis un essai considéré comme la "bible" du mouvement littéraire "Le Nouveau roman" qu'il dirige, reprenant et combinant différents articles parus dans les dix années précédentes. [4]

              138414 
Notes et références
[1] Entretien avec Jacques Henric, Art Press, n°88, décembre 1984, repris dans Le Voyageur, Bourgois, 2001, p. 447.
[2] A cette occasion, il écrira : « Le récit bulgare est peut-être ma seule tentative à ce jour de représenter une réalité vécue (mais une réalité particulièrement opaque, et, pour tout dire, inconnaissable). » (Le Voyageur, pp. 21-39)
[3] Le Mesnil-au-Grain est situé à 24 km au Sud-Ouest de Caen
[4] Articles parus essentiellement dans L'Express, La Nouvelle Nouvelle Revue Française, France Observateur, Critique et la Revue de Paris entre 1953 et 1962.
 
Repères et liens
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Pascal Quignard, Une jeunesse au Havre

Pascal Quignard , une enfance dans la ville du Havre

       <><><> Voir aussi l'article : Pascal Quignard à Sens <><><>

Principales distinctions : Grand Prix du roman de l'Académie française en 2000 pour "Terrasse à Rome" et Prix Goncourt en 2002 pour "Les Ombres errantes"

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« Il y a dans "lire" une attente qui ne cherche pas à aboutir. Lire c’est errer. » Pascal Quignard 

Pascal Quignard est né en avril 1948 à Verneuil-sur-Avre dans le département de l'Eure qui a obtenu le prix Goncourt 2002 pour son roman-essai Les Ombres errantes, publié chez Grasset. Violoncelliste de formation, la musique a beaucoup marqué son œuvre et il a fondé le Festival d'opéra et de théâtre baroques de Versailles

Malgré une place importante dans la littérature contemporaine, il est peu connu du grand public, si ce n'est pour son roman Tous les matins du monde dont l'adaptation au cinéma et la réalisation d'Alain Corneau, qui a contribué à le révéler au grand public. 

Pascal Quignard : un homme partagé entre littérature et musique, baignant tout enfant dans un univers culturel qui sera le sien toute sa vie. Il naît le 23 avril 1948 à Verneuil-sur-Avre en Normandie mais va passer toute sa jeunesse dans la ville du Havre dans une famille où la culture tient une place essentielle avec des parents professeurs de lettres classiques, une lignée d’organistes du côté paternel et une lignée de linguistes –dont son grand-père Charles Bruneau- du côté maternel.

 

À l’âge de 18 mois en 1949, il connaît des phases aiguës de mutisme qui vont se réactiver vers sa seizième année. Sur cette question, il dira plus tard que « ce silence, c’est sans doute ce qui m’a décidé à écrire, à faire cette transaction : être dans le langage en me taisant ». Il traverse donc une enfance souvent assez difficile, souffrant également d’anorexie. Son évasion, c’est le langage, les littératures anciennes et la musique. Il s’initie de quantité d’instruments comme le piano, l'orgue, le violoncelle, le violon et l'alto. 

Il évolue aussi dans une ville particulière, sans doute troublante pour cet enfant si fragile et émotif, ville martyre ravagée par la guerre, entre destruction et reconstruction sur les idées alors novatrices de l’architecte Auguste Perret. Cette enfance au Havre qui couvre ses onze premières années est dominée par la littérature, une éducation stricte dont il dira qu’elle a été « grammaticale, sévère, classique et catholique. » Il se fera d'abord connaître par un premier essai sur le poète de la Renaissance Maurice Scève

Fichier:76-Le Havre-Quai de Southampton-années 20.jpg        
Vues du Havre

Cette osmose entre musique et littérature qui est toute son enfance et qu’il ressent de façon si intense, va lui servir de thème à son livre le plus connu « Tous les matins du monde » qui retrace la vie d’un compositeur français du XVIIe siècle, Marin Marais et ses relations avec un autre compositeur contemporain, Monsieur de Sainte-Colombe, dont le succès sera décuplé par le film d’Alain Corneau tourné en 1991 avec Gérard Depardieu et Jean-Pierre Marielle dans les rôles principaux et dont il assure adaptation et dialogues. Curieux contraste avec son autre livre « Les ombres errantes, premier tome de sa suite « Dernier royaume » qui obtint le prix Goncourt en 2002 mais pas vraiment le succès escompté. 

Après onze années, la famille déménage à SèvresPascal Quignard va retrouver un univers très semblable dans le superbe environnement du parc où se situe le lycée et l’appartement de ses parents et, au fond de ce parc, le pavillon Lully qu’il s’était fait construire à la fin de sa vie. « Je quittai Le Havre en 1958. Je me souviens que le vent soufflait par rafales. Le ciel était blanc. Le soleil était bas, rond, blanc, si faible. C'était le début de l'hiver. » écrit Pascal Quignard, dans La barque silencieuse.

                 

Bibliographie sélective

  • "Petits traités", Tome I, avec un traité de gravure de Louis Cordesse, éditions Clivages, 1981; Tome II, Clivages, 1983; Tome III, Clivages, 1984
  • "Le Vœu de silence", essai sur 'Louis-René des Forêts, éditions Fata Morgana, 1985, réédité chez Galilée, 2005
  • "La Leçon de musique", éditions Hachette, 1987
  • "Tous les matins du monde", éditions Gallimard, 1991
  • "Georges de la Tour", éditions Flohic, 1991, réédité chez Galilée, 2005
  • "Le Nom sur le bout de la langue", éditions POL, 1993
  • "L'occupation américaine", Éditions du Seuil, 1994
  • "Vie secrète", éditions Gallimard, 1998
  • "Terrasse à Rome", éditions Gallimard, 2000, (Grand Prix du roman de l'académie française)
  • "Dernier Royaume", éditions Grasset, 2002-205, Tome I : "Les Ombres errantes" (prix Goncourt 2002), Tome II : "Sur le jadis", Tome III : "Abîmes", Tome IV : "Les Paradisiaques ", Tome V : "Sordidissimes"
  • "Medea", Éditions Ritournelles, 2011, isbn 9782953552010
  • "Les solidarités mystérieuses", Gallimard, 2011, isbn 9782070784790

Voir aussi mes fiches :
* Pascal Quignard, Tous les matins du monde -- Terrasse à Rome --
* Quignard, Une jeunesse -- Quignard à Sens --

<<< Christian Broussas - Feyzin, 6/03/2013 - <<© • cjb • © >>> 

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